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Publié le par sacraal
Publié dans : #Les raisons de la condition actuelle de l’homme

Je réfléchissais au fonctionnement du pouvoir conscient sur la matière et les évènements.

Les liens de corps à esprit ne sont plus à démontrer, les principes du psychosomatisme étant de nos jours suffisamment ancré dans les sociétés occidentales. Un affect, une émotion, un ressenti négatif influence le corps et peut amener des symptômes, maladies, déséquilibres au sein de l'organisme. Les exemples du stress et de la peur sont les plus flagrants, et ceux dont les effets sont les plus rapidement palpables.
A contrario, une bonne sensation, un sentiment positif, une émotion heureuse aide à maintenir le corps en bonne santé, et sert parfois à la résolution des maladies.
Ce lien est à double-sens, la disposition et la santé corporelle ayant également une influence sur le mental. La maladie inhibe les facultés psychiques d'une personne, amenant, le plus fréquemment des sensations d'épuisement mental et affectif, et parfois des manifestations plus subtiles de déséquilibres psychologiques.

Mais ce dont on parle moins souvent, ce sont les rapports liant l'esprit à l'environnement, qui réagit au même titre que notre corps à toutes nos dispositions mentales, affectives, psychiques.

Il y a plusieurs “conditions” à réunir pour que le lien esprit-matière fonctionne d'une manière optimale, fluide, sans interférences. En guise d'illustration, je prends pour exemple le jeu de carte nommé "Président", auquel on jouait souvent avec les potos :

On y jouait donc depuis un bout de temps, et on connaissait les règles et les feintes sur le bout des doigts.
Puis un jour, un détail nous a sauté aux yeux : celui qui gagnait la première partie, avait très souvent, trop souvent tendance à gagner celles qui suivaient … Pourquoi ? Qu'est-ce qui entretenait cette “chance” ? Les cartes sont distribuées en début de partie, et malgré que le précédent gagnant ait quelques avantages flagrants aux vues de sa position (qui lui donnait le droit de prendre des bonnes cartes au perdant de la partie précédente), cela ne justifiait guère qu'il puisse remporter toutes les parties suivantes. Il nous arrivait, certains soirs, que le premier gagnant de la soirée le reste jusqu'à la fin - jusqu'à ce que les autres n'aient plus envie de jouer - blasés de se voir impuissants face à la situation.

S'en était devenu plus que flagrant pour tous. Puis, en analysant les choses d'un point de vue plus subtil, en étudiant les comportements des divers joueurs, et en particulier du gagnant, certains mécanismes psychologiques ressortaient du tas et semblaient définir petit à petit les pré-requis pour que notre conscience puisse avoir une influence tangible et maitrisée sur le monde phénoménal.

Principal constat : le premier à gagner la partie était mis en position de confiance. Il y a un sentiment de bien-être qui s'installe, une confiance tranquille. On ressent “je suis le gagnant”, - on ne le pense pas, ce n'est pas verbalisé - , c'est juste une impression, un sentiment – et ce sentiment a tendance à rester en trame de fond de notre esprit. On bloque sur cette sensation, sans se poser la moindre question, on est même pas conscient de la vibration que l'on ressent, que l'on émet. Et les autres, de part leur attitude, (grognements, dédain, sentiment d'avoir perdu) aident à renforcer ce sentiment, à le maintenir, tout en se plaçant eux-même en position de perdants. Le squelette de la situation est posé dans l'esprit de chacun, et les rôles définis par nos interactions forcent la situation à suivre le fil de notre ressenti. Les sentiments restant les mêmes, la situation reste la même. Le gagnant continue de gagner, les perdants continuent de râler. C'est à partir de ce jour, et après avoir mis au clair cette constatation, que nos batailles de cartes se sont exclusivement tournées sur le versant psychologique des joueurs. On ne cherchait plus à se démener avec les règles basiques du jeu, on cherchait à déstabiliser l'autre avec des arguments bidons, de façon à le faire descendre de son piédestal mental, et pouvoir prendre sa place. Il suffisait de gagner une partie pour ré-atteindre cet état, et de ne pas écouter l'autre à travers ses tentatives de nous perturber. On maintient le sentiment intérieur et refuse toute interférence extérieure. On l'a expérimenté des dizaines et des dizaines de fois, c'est infaillible.
On a par la suite exploré cet état de faits à travers de nombreuses activités, jeux et expériences de vie.

Pour résumer et bien isoler les points importants, il faut :
→ devenir le sentiment que l'on en vient à ressentir dans la situation voulue. En bref anticiper notre sentiment vis à vis d'une situation, et se projeter dans celui-ci avant que l'acte n'ait lieu. Ce qui nécessite une expérimentation de ces différents états d'esprit dans lesquels l'environnement nous plonge.
On utilise le sentiment, car celui-ci à un lien fort avec l'émotion, et de ce fait avec le monde extérieur. C'est une force d'intégration et d'exposition, en bref de communication. L'environnement déclenche une réaction émotionnelle, affective, et nos réactions sur le plan émotionnel nous poussent à réagir en suivant notre ressenti, et amènent les évènements à réagir selon notre ressenti (on influence consciemment l'environnement par les actes que l'on pose, mais également inconsciemment par notre disposition affective). Le sentiment provoque le mouvement, et est intimement lié aux évènements extérieurs, aux relations. On va donc projeter le sentiment voulu afin que celui-ci s'imprègne dans le contexte et l'influence.

→ ne pas se poser de questions. Lorsque la réflexion mentale intervient, ceci provoque des interférences qui modifient les résultats escomptés, les annule, les bloque, les ralenti.
On inhibe la réflexion, car la réflexion est prise de distance, une force de recul, de mise en suspension, et donc freine les évènements. Mais il faut comprendre que celle-ci reste liée à l'extérieur par le fait qu'elle l'observe; c'est cela qui explique pourquoi son effet de recul est tangible sur le plan matériel.

L'idéal étant, peu importe le but, d'adopter un état d'esprit relaxé, joyeux, confiant. On ne doit rien vouloir en particulier, juste se sentir bien, en phase avec soi-même, en harmonie.

Maintenant, la seule difficulté consiste à maintenir cette harmonie (le but de toute une vie !).
C'est un art qui s'acquiert au fil du temps, des expériences. Il faut travailler notre notion d'équilibre. L'équilibre n'est pas une notion statique, un confort passif, comme on le conçoit malheureusement trop souvent. Le fait de se sentir en harmonie quand l'environnement est stable est une illusion. Amenez un évènement inattendu, soudain, imprévisible dans notre champ de vision et l'esprit est tout de suite chamboulé, l'équilibre perdu.

Le véritable équilibre est une notion dynamique, c'est l'art du maintient de la stabilité de l'esprit au travers du changement. Il s'agit de toujours être adapté à l'instant, égal d'esprit, recueilli en soi-même, peu importe les évènements extérieurs, les flux dominants. Il faut être Soi, et rester Soi.

 

Si l'on fait attention, et que l'on décortique un peu le processus engagé à chaque fois que ce genre de choses arrive (notre état d'esprit, celui des autres, les éléments contenus dans la situation etc...), on cerne de mieux en mieux la subtilité de cet état, qui ouvre plein pot les connexions entre l'intérieur/l'individualité et l'extérieur/l'univers.

Mais il ne faut pas se leurrer, cette position d'esprit ne peut être obtenue par l'effort ou la tension. Au contraire, à partir du moment ou il y a, dans l'esprit de la personne qui expérimente, une notion d'effort à faire, alors un conflit prend forme entre la volonté consciente et les peurs semi, voire inconscientes de ne pas réussir à réaliser l'expérience. Ce qui suffit à dresser des barrières qui empêchent d'être dans cet état et d'optimiser ce lien intérieur/extérieur.
C'est donc une position d'esprit très subtile à obtenir. Et c'est la répétition de ce genre d'expériences qui permet de comprendre qu'il faille sentir, et non vouloir. Et surtout, être confiant. C'est le principe de la Foi après tout, de la Foi sans objet. Foi et confiance se confondent alors ...

J'ai aussi de nombreuses expériences dans ce domaine. Une fois, il m'est même arrivé de maintenir cet état pendant 48 heures. La moindre de mes pensées se réalisait en moins de 5 minutes, parfois à l'instanté. A la fin de cette expérience, je n'en revenais pas. C'est comme si le monde se pliait à nos pieds ... et la peur reprend le dessus, car on prend conscience du pouvoir que l'on a, et qui n'est pas à prendre à la légère ...

 

 

Je crois fermement que c'est la force de l'amour désintéressé qui a agit ce jour là et que c'est un potentiel que tout homme possède et qu'il pourrait développer pour un monde meilleur s'il changeait son comportement.

 

Le sentiment pur de la Volonté est une force d'action, et en passant par le filtre de notre conscience réflexive, il perd en puissance jusqu'à s'émousser tellement qu'il ne peut plus agir sur le monde physique. Nos réflexions et les doutes qui naissent d'elle bloquent tout.
Il faut éviter tous ces détours mentaux, en se contentant de ressentir le sentiment dans son entièreté, son authenticité. Pour le dire clairement : il faut que le sentiment se confronte directement au réel, sans passer par le mental.

 

Et pour se faire, il suffit de suivre le chemin des nombreux sages qui soulèvent l'importance de vivre l'instant présent.
Nous, occidentaux, nous vivons majoritairement dans nos têtes. Tout est relié à notre mental. Chaque acte ou geste que nous faisons est constamment traité par le mental. Souvent de façon inconsciente, mais aussi de façon consciente. Nous ne profitons que rarement de l'instant présent. En fait, nous n'en profitons que dès qu'il est "marquant", que lorsque l'extérieur nous présente quelque chose de suffisamment fort pour inhiber notre mental. Le fait d'apprécier un bon repas, La vue d'un beau paysage, se laisser subjuguer par la beauté de sa/son bien-aimé(e) etc ... En fin de compte, les moments durant lesquels on se fait absorber par ce qui est extérieur à nous. Et les moments d'amour sont tout à fait indiqués, comme tu le fais si bien remarquer.

Pour résumer, il faut, pour que la volonté reste une force inébranlable, qu'elle se trouve au cœur de l'instant présent et y reste.

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