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Publié le par sacraal
Publié dans : #informations d'actualité

Les pays en développement et pays émergents ont tenté de créer un « nouvel ordre du monde » dans lequel les nations occidentales industrialisées ne sont plus dominantes, ce qui menace de saboter l’accord sur le changement climatique à Copenhague, ont prévenu les représentants de l’UE. Un reportage d’EurActiv depuis la capitale danoise.

Alors que plus de 130 dirigeants du monde arrivent à Copenhague pour les deux derniers jours de la conférence sur le climat des Nations unies -le président des États-Unis Barack Obama devrait arriver demain (18 décembre)- les négociateurs ont averti que le risque d’échec n’avait jamais aussi élevé.

Les négociations finales vont être tendues et ardues, a dit le premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen, qui préside la conférence depuis que le ministre du Climat Connie Hedegaard a quitté son rôle de dynamisation des négociations.

« Un nouvel ordre mondial »

Jo Leinen, qui dirige la délégation du Parlement européen à Copenhague, a dit à EurActiv que la conférence avait souffert de la méfiance entre les nations riches et pauvres en ce qui concerne les objectifs de réduction d’émissions et l’aide aux pays en développement (EurActiv 16/12/09 ).

L’interprétation de M. Leinen de l’état actuel des choses est que les pays en développement ont essayé d’utiliser la conférence comme un moyen de créer un nouvel ordre mondial dans lequel les pays industrialisés ne domineraient plus.

Je pense que nous entamons un nouvel ordre mondial, a dit l’eurodéputé. Mais il a prévenu que ce serait dommage de sacrifier la conférence climatique pour règler des problèmes de gouvernance mondiale qui n’ont pas été résolus.

Le premier ministre britannique Gordon Brown a rebondi sur les inquiétudes de M. Leinen, en déclarant mercredi (16 décembre) que les négociateurs étaient prêts à renforcer le combat pour

combler le fossé des négociations. Si nous ne parvenons pas à un accord cette semaine, les gens vont douter de notre capacité à trouver un accord un jour, a dit M. Brown à la BBC.

Le division “riches/pauvres”

Les tensions ont eu tendance à se focaliser sur les objectifs de réduction des émissions pour les pays industrialisés.

Lundi, le bloc Chine-G77, qui englobe 130 pays en développement et émergents, a suspendu les discussions pendant quelques heures pour protester contre l’accueil du gouvernement danois qui, selon eux, favorisait les intérêts des pays développés.

L’UE attend l’engagement ferme des autres nations développées sur les objectifs de réduction d’émissions dans le but d’élever ses propres objectifs de réduction des gaz à effet de serre de 20 à 30% d’ici 2020.

Mais Jo Leinen, le négociateur du Parlement européen, a prévenu qu’il s’agirait d’une décision de dernière minute qui semble peu probable à l’heure actuelle étant donné le manque d’engagement de la part des autres pays.

Mettre fin à Kyoto?

Le groupe des 77 et la Chine ont mis en garde hier contre les tentatives de démantèlement du protocole de Kyoto, qui contraint environ 40 nations riches à limiter ses émissions de carbone.

Les Etats-Unis en particulier n’ont jamais ratifié Kyoto car ils craignent pour leur économie.

Mais les pays en développement veulent que les nations riches se tiennent à leur obligations qui découlent de Kyoto, et signent un deuxième tour d’engagements plus forts à partir de 2013.

Nous avons vu que les pays développés qui ont signé le protocole de Kyoto cherchent à le démanteler, a affirmé NafieAli Nafie qui préside la délégation soudanaise, et s’est exprimé au nom du G77 et de la Chine lors de la session la phase haute des négociations.

Les pays industrialisés sont favorables à un engagement unique bien plus faible que le protocole qui minimiserait et réinterprèterait la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et le protocole de Kyoto, a dit M. Nafie.

Il ajouté que les pays développés avaient l’intention de saboter les principes d’équité, de responsabilités communes mais différenciées, et des capacités respectives en rejetant le protocole de Kyoto.

Les négociations pour étendre le protocole ont bloqué, a prévenu le ministre de l’Environnement indien Jairam Ramesh mercredi. Il a dit que de nombreux pays développés étaient farouchement opposés au protocole, et certains d’entre eux veulent un nouvel accord qui oblige toutes les nations à combattre le réchauffement planétaire. Nous voyons le protocole de Kyoto comme un soin intensif, s’il ne meure pas, a dit M. Ramesh aux journalistes.

Une approche à deux voies

Cependant, les pays en développement souhaitent maintenir Kyoto comme un élément essentiel des négociations. Le G77 veut mettre en avant le besoin de maintenir un résultat à deux voies dans lequel Kyoto est un instrument indispensable a dit M. Nafie.

Le mécanisme de négociation à deux voies a été établi par le plan d’action de Bali, adopté il y a deux ans. D’après le plan d’action, les pays développés devraient présenter des objectifs de réduction d’émission pour la seconde période en vertu du protocole de Kyoto après la fin de la première période qui expire en 2012, et discuter de la façon d’aider les pays en développement pour accomplir des progrès en matière d’atténuation et adaptation selon la CCNUCC.

Source: Euractiv

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